Histoire : des nouvelles du passé

  • Quinn Slobodian retrace dans ce livre les chemins parcourus par un groupe d'intellectuels, les « néolibéraux », depuis les cendres de l'empire des Habsbourg jusqu'à la création de l'Organisation mondiale du commerce, montrant que l'objectif qui a accompagné l'émergence du néolibéralisme n'était pas tant la réduction de la taille de l'État ou l'abolition des réglementations que leur redéploiement à l'échelle mondiale.
    Son récit débute en Autriche dans les années 1920. Les Empires sont en train de se dissoudre et le nationalisme, le socialisme et l'autodétermination démocratique menacent la stabilité du système capitaliste. Face à cette situation, des intellectuels autrichiens en appellent à une nouvelle façon d'organiser le monde. Dans les universités où ils enseignent et auprès des gouvernements qu'ils conseillent, des économistes de renom tels Friedrich Hayek, Ludwig von Mises ou d'autres figures influentes mais moins connues comme Wilhelm Röpke et Michael Heilperin, ne prônent pas le laisser-faire. Ils voient au contraire dans les États et les institutions internationales de possibles instruments pour protéger les marchés contre les effets de la souveraineté nationale, les changements politiques et les turbulences des revendications démocratiques.
    Une généalogie intellectuelle du néolibéralisme essentielle pour comprendre le monde d'aujourd'hui.

  • Le trésor des rois

    Murielle Gaude-Ferragu

    • Perrin
    • 21 Avril 2022

    En France, le lien entre pouvoir et reliques ­- surtout les instruments de la Passion du Christ, telles la Vraie Croix ou la Couronne d'épines -­ est ancien. Dès le règne de Clovis, les fragments thaumaturgiques de corps saints occupent une place centrale dans la vie religieuse, comme dans la communication politique. Si de nombreux chercheurs se sont interrogés sur cette relation entre autorité et sacralité jusqu'au règne de Saint Louis, une étude restait à mener pour les XIVe et XVe siècles, à l'heure où les Valois succèdent aux Capétiens sur le trône. Pour cette dynastie nouvelle, (ré)affirmer la dimension sacrale de la royauté et imposer sa puissance est une nécessité. Mais comment représenter physiquement ce pouvoir? Comment le rendre légitime aux yeux de tous?
    Cet objectif impose une thésaurisation nouvelle, matérielle et symbolique, qui s'opère en quatre temps forts : la collection, car outre les reliques, le roi accumule des objets précieux faits d'or, d'argent, de pierres précieuses et de perles ; la protection, puisque le trésor est inaliénable et ses pièces doivent être soigneusement conservées dans des palais ; la représentation, car les reliques participent de la « communication royale » et sont mises en scène dans des cérémonies et pèlerinages ; et enfin la transmission, puisque, tel un héritage, le trésor royal va au successeur du roi et doit être étoffé de génération en génération.
    À travers les figures des rois Charles V (« le roi sage ») et Charles VI (« le roi fou »), et des reines Jeanne d'Évreux et Isabeau de Bavière, Murielle Gaude-Ferragu nous offre le résultat de ses brillantes recherches sur le trésor royal, dans cette synthèse claire et accessible.

  • Les médecins d'Auschwitz

    Bruno Halioua

    • Perrin
    • 14 Avril 2022

    Le 27 janvier 1945, les troupes soviétiques libèrent le camp d'Auschwitz Birkenau, le plus important camp de concentration, de travail et d'extermination du régime hitlérien. Ce jour-là, 2 819 détenus sont délivrés. Mais comment ont-ils fait pour survivre à cinq ans d'enfer ?
    Certains ont été utilisés comme cobayes dans les expériences médicales du docteur Josef Mengele. Comme lui, de nombreux médecins SS ont profité de leur affectation à Auschwitz pour réaliser des expérimentations sur les déportés, et participer activement à chacune des étapes du processus d'extermination des Juifs, depuis la sortie des wagons jusqu'à l'entrée dans les chambres à gaz. De l'autre côté du miroir, on trouve les médecins déportés qui, eux, ont fait preuve d'obstination et d'acharnement pour soigner coûte que coûte les malades qui les entouraient.
    Comment des membres du corps médical - qui avaient embrassé la carrière médicale pour soulager leur prochain - ont-ils pu commettre de telles atrocités ? À l'inverse, comment les soignants déportés ont-ils réussi à venir en aide aux autres détenus avec le peu de moyens dont ils disposaient ? Et, surtout, comment ont-ils pu rester intègres tout en collaborant avec des médecins SS ?
    Dans cet ouvrage qui s'appuie sur de nombreux témoignages, le docteur Bruno Halioua répond à toutes ces questions et retrace avec maestria l'histoire méconnue des médecins d'Auschwitz qui est avant tout l'histoire d'une confrontation entre deux conceptions antinomiques de la médecine.

    Ouvrage préfacé et introduit par Claude Quétel.

  • L'été noir de 42

    Alexander Werth

    • Fayard
    • 27 Avril 2022

    De l'Écosse à Mourmansk puis Moscou, le correspondant de guerre Alexander Werth livre dans ces ultimes carnets un témoignage de première main sur l'été noir de 42, ces mois les plus dramatiques des affrontements sur le front de l'Est, alors que la Wehrmacht fonce vers la Volga et le Caucase, avant d'être enfin arrêtée à Stalingrad.
    Avec L'Été noir de 42 s'achève la publication des Carnets du célèbre journaliste britannique Alexander Werth. Il y raconte son périlleux périple en bateau entre l'Écosse et Mourmansk, le voyage en train aux côtés des Soviétiques jusqu'à Moscou et décrit son expérience de correspondant de guerre durant les mois les plus tragiques du conflit sur le front de l'Est.
    Consigné dans la capitale, sans information fiable, Alexander Werth se livre à une analyse serrée de la presse quotidienne, des actualités filmées projetées au cinéma, des chroniques et autres « écrits patriotiques » publiés par les écrivains les plus populaires qu'il côtoie quotidiennement. Il scrute les métamorphoses de la propagande, le retour aux valeurs traditionnelles dans l'armée, mais aussi, à la moindre occasion, le vécu et le moral des Moscovites durant les semaines critiques qui suivent la chute de Rostov-sur-le-Don. Mais L'Été noir de 42 est aussi une réflexion sur le métier de journaliste en « conditions extrêmes ». Malgré les limitations imposées à ses déplacements, strictement encadrés par les officiels soviétiques qui organisent des « sorties » dans tel kolkhoze ou camp-modèle de prisonniers allemands, Alexander Werth glane des impressions, loin des discours officiels.
    Nous connaissons aujourd'hui la « fin de l'histoire » : la victoire de l'Armée rouge à Stalingrad. Mais durant le terrible été 42, qui marque l'apogée de l'avancée des forces de l'Axe, qui pouvait prédire ce qui allait se passer ? Le témoignage d'Alexander Werth se fait dès lors journal de l'attente. Attente du désastre, non plus à l'échelle d'un pays, mais d'un continent.

  • Florence Conrad, riche américaine et infirmière pendant la Grande Guerre, forme en 1943 une unité d'ambulances. Grâce aux fonds qu'elle récolte, elle achète dix-neuf véhicules Dodge et recrute à New York les premières volontaires. Ces femmes, parfois très jeunes, sont déterminées à libérer la France et ne reculent devant rien.

    En 1943, les Rochambelles - qui tirent ce surnom de leur unité sanitaire Rochambeau, en mémoire du comte du même nom, compagnon de Lafayette - passent outre les railleries et tentent de s'imposer dans un monde d'hommes. Elles sont incorporées à la deuxième division (DB) du général Leclerc à Rabat et apprennent rapidement à maîtriser la mécanique, repérer des mines, poser des garrots.

    Le 30 mai 1944, les 39 Rochambelles embarquent pour Liverpool. En août, elles débarquent sur le sable d'Utah Beach en Normandie avec pour mission d'évacuer les blessés des zones de combat vers les postes de tri. Elles arrivent à Paris le 25 août 1944 et participent à la dure campagne d'Alsace et à la prise de Berchtesgaden. Deux d'entre elles perdent la vie dans les combats qu'elles mènent sans arme. À partir de leurs témoignages émouvants, Ellen Hampton nous retrace dans un récit captivant l'épopée de ces ambulancières, courageuses et idéalistes, guidées par leur instinct patriotique.

  • Pires erreurs de l'Histoire

    Régis Clerc

    • Jourdan
    • 31 Mars 2022

    Les personnages déterminants de notre Histoire, détenteurs de pouvoir dits grands hommes (qui sont parfois des femmes), sont capables du pire. Force est de constater que leurs choix sont rarement rationnels, leur jugement étant trop souvent faussé par des pulsions mal contrôlées qui les conduisent à desservir non seulement l'intérêt de leur peuple, mais encore, ce qui est frappant, leur propre intérêt.

    Depuis Vercingétorix jusqu'à Emmanuel Macron, en passant par Louis XV, Giscard d'Estaing et bien d'autres, voici les quarante décisions qui nous sont apparues comme les plus absurdes et les plus dommageables de notre Histoire.

    La liste est loin d'être exhaustive. La sélection n'est pas forcément indiscutable. Quant à l'analyse, il est clair qu'elle est beaucoup plus aisée lorsqu'on connaît la fin de l'histoire. Mais chacun pourra déchiffrer les ravages de l'hubris et les dangers du manque de contre-pouvoirs face à un décideur humain, quel qu'il soit.

  • Pourquoi la naissance de Louis XIV a-t-elle consacré le 15 août comme un jour férié? Pourquoi une reine de France a-t-elle laissé son nom à la plus célèbre variété de prunes? Pourquoi Rio de Janeiro a-t-elle été durant treize ans la capitale du Portugal? Pourquoi les bordels ont-ils été institués par Saint Louis? Pourquoi un attentat manqué a-t-il poussé Napoléon au divorce? Pourquoi l'anesthésie a-t-elle été popularisée par la reine Victoria? Pourquoi le bikini doit-il son nom à la bombe atomique? Pourquoi la Grosse Bertha a-t-elle provoqué le premier divorce de Sacha Guitry?...Dans ce nouveau tome des Pourquoi de l'Histoire, Stéphane Bern dévoile avec passion 100 nouveaux mystères aussi étonnants que captivants!

  • J'ai choisi, dans mes archives personnelles, des affaires célèbres ou méconnues, qui toutes ont quelque chose à nous dire sur leur époque. Derrière l'affaire Violette Nozière : le tabou de l'inceste. Avec le gang de Roubaix : la radicalisation des nouveaux convertis et les premiers attentats terroristes. À travers l'attentat contre Jean-Paul II : les opérations spéciales des services secrets. Si certaines histoires auraient pu être imaginées par des auteurs de polar, la fameuse formule « la réalité dépasse toujours la fiction » est rarement prise en défaut. La mythomane narcissique Nicole Zawadski ou le crime du psychopathe Yves Dandonneau démontrent que l'intelligence criminelle est sans limite, dès lors qu'il s'agit de faire disparaître un corps ou de maquiller un crime, pour échapper à la Justice.
    Au-delà des faits, ces affaires ne se veulent pas morales. Elles n'ont pas valeur d'exemples. Elles n'ont pas de messages à délivrer. Elles touchent chacun de nous, intimement, pour des raisons différentes, en écho aux mots de Maupassant : « Le fait divers, c'est la vie. »

  • Western, une autre histoire

    Marie-Hélène Fraisse

    • Bayard
    • 20 Avril 2022

    En 1992, lorsqu'on célébra les 500 ans du débarquement de Christophe Colomb aux Amériques, les Amérindiens prirent le deuil. Pour eux la « Découverte » n'était rien d'autre que le début de la grande « Invasion ». Car la grande épopée de l'Ouest et de la Frontière, telle que la raconte Hollywood, avec ses fiers cowboys et ses farouches Indiens à plumes, ne se lit pas du tout de la même manière quand on a été expulsé de chez soi, décimé par des maladies importées, et qu'on est désormais considéré comme indésirable sur le territoire de ses ancêtres. L'Indien demeure le thème exotique le plus inusable du cinéma et de la littérature dite d'aventure. En imaginant et en « imageant » les sociétés amérindiennes conformément à nos rêves, nous avons oublié qu'elles n'étaient, et ne sont, ni meilleures ni pires que les autres : différentes, nées d'une autre histoire, évoluant dans une dynamique propre. Heureusement l'Histoire ne s'arrête pas là...

  • La Russie, un nouvel échiquier

    Jean de Gliniasty

    • Eyrolles
    • 21 Avril 2022

    Depuis la chute de l'URSS, les conflits n'ont pas cessé aux frontières de la Russie.

    C'est le plus vaste État de la planète, fédéral et transcontinental. Son actualité, violente et complexe, ne cesse de nous interroger. En abordant conjointement les aspects historiques, politiques, internationaux, économiques et sociétaux de la Russie, cet essai accessible et vivant donne des clés de lecture pour aborder ce pays, non seulement à travers sa profondeur historique mais aussi à travers ses paradoxes contemporains. Ainsi, il nous permet de mieux saisir son positionnement actuel sur la scène internationale, les motivations de sa guerre contre l'Ukraine et la nature des relations franco-russes. Derrière la figure polémique de Vladimir Poutine se joue le destin d'une grande puissance en même temps que notre équilibre géopolitique mondial.

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